Bruxelles ordonne à Google de laisser les assistants IA rivaux accéder à Android
La Commission européenne a ordonné à Google d'offrir aux assistants IA concurrents le même accès à Android que Gemini, et de partager des données de recherche anonymisées avec les moteurs rivaux. Les premières échéances arrivent en août.
Si vous utilisez un téléphone Android en Europe, Gemini est l’assistant intégré et il a toujours eu une avance sur tout assistant que vous pourriez installer à la place. La Commission européenne juge désormais cette avance injuste. Le 16 juillet, elle a adopté deux séries de mesures contraignantes au titre du Digital Markets Act, la loi européenne qui encadre les plus grands « contrôleurs d’accès » technologiques, demandant à Google d’ouvrir Android aux assistants IA concurrents et de partager une partie de ses données de recherche avec les moteurs rivaux.
L’ordonnance prévoit que les assistants IA tiers accèdent à onze groupes de fonctions Android aujourd’hui plus librement accessibles aux propres services de Google. En pratique, un assistant concurrent devrait pouvoir agir pour vous dans d’autres applications : commander un taxi, proposer une réponse dans une messagerie, répondre à une question sur un lieu que vous venez de visiter. Cet accès s’accompagne de conditions, dont un processus de certification et votre consentement explicite. Google doit aussi partager avec les fournisseurs de recherche concurrents admissibles des données anonymisées de classement, requêtes, clics et consultations, à des conditions justes et non discriminatoires.
Le calendrier est inhabituellement concret. D’ici fin août 2026, Google doit publier un formulaire et expliquer comment les concurrents peuvent candidater. En septembre, il doit fournir des jeux de données de test et des modèles de licence ; en novembre, finaliser les données anonymisées ; en janvier 2027, présenter son offre tarifaire. La plupart des changements Android sont attendus via Android 18 avant le 1er août 2027. Google a contesté le jour même : Kent Walker, son président des affaires mondiales, estime que les décisions risquent d’affaiblir les protections de confidentialité et de sécurité des Européens. La Commission répond que la méthode d’anonymisation a été conçue avec des experts et s’aligne sur le projet de lignes directrices articulant DMA et RGPD.
Deux éléments ont rendu Google difficile à déloger dans l’IA, et aucun n’est le modèle lui-même : la distribution, être l’assistant déjà là au déballage du téléphone, et les données, deux décennies à observer les recherches et clics de milliards de personnes, qu’un nouvel acteur ne peut simplement acheter. Bruxelles vise les deux à la fois plutôt que d’infliger une amende après coup. Le résultat reste ouvert : l’« accès à des conditions justes » devient une longue négociation sur prix, certification et détails techniques, là où les remèdes s’émoussent d’ordinaire.
Ce que cela signifie pour vous : Rien ne change aujourd’hui sur votre téléphone, et les effets visibles sont à un an. Ce qu’il faut retenir est qu’Android pourrait finalement offrir un vrai choix d’assistant, comme vous choisissez déjà un navigateur. Si vous suivez l’industrie, regardez quels éditeurs d’assistants demandent réellement la certification cet automne : une porte ouverte que personne ne franchit ne change rien. Réserve légitime : Google peut se conformer de façon étroite, et les échéances disent quand les documents sont dus, non quand votre téléphone s’améliore.
Sources
- Commission européenne : orientations à Google sur l’interopérabilité IA et le partage des données de recherche
- Medianama : l’UE ordonne à Google d’ouvrir Android et les données de recherche aux rivaux IA
- Unite.AI : l’UE contraint Google à partager Android et les données de recherche avec les assistants IA rivaux
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