Anthropic a conservé vos données pendant 30 jours pour traquer les attaquants. Après le refoulement d'entreprise, il restera plutôt dans votre cloud
La fenêtre de 30 jours reste, mais les données sont transférées vers le cloud du client. Anthropic a passé des mois à construire le système avec plus de 100 clients issus de secteurs réglementés et admet que la règle initiale constituait un risque commercial.
Depuis juin, Anthropic stocke pendant 30 jours toutes les données clients transitant par ses modèles les plus puissants sur ses propres serveurs. Le raisonnement était sécuritaire : pour repérer les nouvelles cyberattaques menées à partir de ses modèles, il faut pouvoir regarder ce qui les a traversées. Les clients des secteurs réglementés détestaient cela. Bloomberg a rapporté le 20 août qu’Anthropic modifiait cet arrangement.
La fenêtre de 30 jours reste. Ce qui change, c’est l’endroit où se trouvent les données. Dans la nouvelle configuration, il reste dans le cloud du client plutôt que sur les serveurs d’Anthropic. L’entreprise a passé des mois à construire ce système avec plus de 100 clients issus de secteurs réglementés et, dans son propre rapport, elle a reconnu que la règle initiale était impopulaire et constituait un risque commercial. Les changements sont attendus cet automne. Le développeur anthropique Boris Cherny a confirmé publiquement ses plans.
Pourquoi cela continue à se produire
Il y a une vraie tension en dessous, et elle ne va pas disparaître. Si un laboratoire veut attraper quelqu’un qui utilise son modèle pour créer des logiciels malveillants, il doit inspecter le trafic. Si un hôpital, une banque ou une entreprise européenne souhaite utiliser ce modèle, il ne peut généralement pas laisser ses données quitter sa propre infrastructure, parfois pour une question de droit plutôt que de préférence. Ces deux exigences vont dans des directions opposées.
Ce qui est intéressant, c’est que les deux grands laboratoires convergent désormais vers la même réponse dans des directions différentes. OpenAI teste un système avec Databricks et Microsoft qui vise à détecter les utilisations abusives sans stocker du tout les données des clients, ce que nous avons abordé plus tôt cette semaine. Anthropic conserve la rétention mais déplace le stockage vers le client. Mécanique différente, même aveu sous-jacent : la version naïve, où le labo détient tout et demande de la confiance, ne survit pas au contact des clients régulés.
Une juste mise en garde. Déplacer des données vers votre propre cloud n’est pas automatiquement synonyme de confidentialité. Cela change qui les contrôle et qui est responsable, ce qui est très important sur le plan juridique, mais les données existent toujours pendant 30 jours et quelqu’un les analyse toujours. Lisez les termes éventuels plutôt que le titre.
Ce que cela signifie pour vous : Si vous utilisez Claude en tant que particulier, cela ne vous concerne pas, cela concerne le trafic des API d’entreprise sur les modèles de niveau supérieur. Si vous êtes la personne d’une petite entreprise qui décide si un outil d’IA est autorisé à proximité des données client, voici la partie utile : “où se trouvent physiquement les données et qui les contrôle” est désormais une question à laquelle les fournisseurs s’attendent et peuvent répondre. Il y a six mois, c’était un obstacle à la conversation. Poser cette question n’est plus gênant, et si un fournisseur ne peut pas répondre clairement, c’est la réponse en soi.
##Sources
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