Claude Science : Anthropic crée un atelier d’IA qui conserve les données de recherche sur vos propres machines
La nouvelle application d’Anthropic destinée aux chercheurs réunit plus de 60 compétences scientifiques et un agent de vérification des citations, tout en fonctionnant localement, afin que les données sensibles ne quittent jamais le laboratoire.
Anthropic a lancé Claude Science, un espace de travail d’IA dédié aux chercheurs, et son choix de conception le plus intéressant n’a rien à voir avec l’intelligence. L’application fonctionne localement sous macOS ou Linux et se connecte aux serveurs et grappes de calcul propres au laboratoire, de sorte que les données de recherche sensibles n’ont jamais à quitter les locaux.
Cet atelier rassemble dans une même interface des dizaines de bases de données scientifiques, d’outils et de logiciels. Les chercheurs peuvent analyser la littérature, mener des analyses de données en plusieurs étapes, créer des graphiques et rédiger des manuscrits. Plus de 60 compétences préconfigurées, des processus prêts à l’emploi que l’IA peut exécuter, couvrent des domaines comme la génomique, la protéomique et la chimio-informatique. Un agent de vérification distinct contrôle automatiquement les citations et les calculs, réponse directe au reproche le plus fréquent adressé à l’IA dans la recherche : les références inventées avec aplomb. En coulisses, le système fait appel à la boîte à outils BioNeMo de Nvidia, qui intègre des modèles spécialisés en biologie. Les chercheurs peuvent aussi enregistrer leurs propres chaînes de traitement sous forme de compétences réutilisables.
L’architecture privilégiant le traitement local mérite qu’on s’y attarde, car elle résout un problème qui a complètement tenu de nombreux scientifiques à l’écart des outils d’IA. Données non publiées, dossiers de patients, composés non brevetés : rien de tout cela ne peut être simplement collé dans un chatbot. Claude Science inverse le fonctionnement : l’application intervient là où se trouvent les données, par SSH ou sur des grappes de calcul haute performance, et seul le contexte précis dont Claude a réellement besoin est envoyé au modèle. Lorsqu’une tâche requiert davantage de puissance, le système peut passer d’un seul GPU à plusieurs centaines.
Ce qui se joue derrière tout cela : Anthropic parie que la science deviendra l’un des domaines emblématiques de l’IA et cherche à gagner la confiance des chercheurs, pas seulement leurs abonnements. L’argument du traitement local vise directement les institutions dont les politiques de données interdisent les outils d’IA dans le cloud. Avant de vous emballer, gardez les limites en tête : les requêtes adressées au modèle transitent toujours par les serveurs d’Anthropic, ce n’est pas une IA hors ligne, c’est une IA où les données restent sur place. Et il s’agit d’une version bêta, donc des imperfections sont garanties.
Ce que cela signifie pour vous : Si vous travaillez dans la recherche, ou étudiez un domaine proche du laboratoire, mieux vaut vous y intéresser dès maintenant : Claude Science est disponible en version bêta pour les abonnés Pro, Max, Team et Enterprise. Anthropic propose par ailleurs de soutenir jusqu’à 50 projets de recherche à hauteur de 30 000 dollars de crédits chacun, avec des candidatures ouvertes jusqu’au 15 juillet. Si vous n’êtes pas scientifique, le schéma reste néanmoins le vrai sujet : « l’IA vient à vos données, et non l’inverse » est le modèle qui rend l’IA utilisable en médecine, dans le droit et partout ailleurs où la confidentialité compte vraiment, attendez-vous à en voir beaucoup plus.
Sources
Sources: https://www.anthropic.com/news/claude-science-ai-workbench
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