La Geneva AI Week débute demain : la première véritable tentative de l’ONU pour gouverner l’IA collectivement
Le premier Dialogue mondial de l’ONU sur la gouvernance de l’IA se tiendra les 6 et 7 juillet, avant le sommet AI for Good. Voici pourquoi cette semaine compte davantage que le théâtre habituel des sommets.
À partir de demain, Genève deviendra pendant une semaine le centre du monde de l’IA. Le tout premier Dialogue mondial de l’ONU sur la gouvernance de l’IA se tiendra les 6 et 7 juillet, juste avant le sommet mondial AI for Good de l’UIT, prévu du 7 au 10 juillet. Plus de 11 000 participants venus de 169 pays seraient attendus, parmi lesquels des dirigeants de la tech comme Jensen Huang et Andy Jassy, mais aussi des chefs d’État et des chercheurs tels que Yoshua Bengio.
Ce Dialogue mondial est nouveau, il a été créé par l’Assemblée générale des Nations unies afin que tous les États membres, et pas seulement les superpuissances de l’IA, aient voix au chapitre lorsque les règles encadrant cette technologie sont discutées. Une nouvelle Commission AI for Good, coprésidée par Marc Benioff, PDG de Salesforce, et Paul Kagame, président du Rwanda, tiendra sa première réunion le 8 juillet. Elle affiche pour priorité de réduire la fracture d’accès à l’IA qui touche les quelque 2,2 milliards de personnes dépourvues d’une connexion internet fiable.
Trois questions concrètes détermineront si cette semaine produit autre chose que des séances photo. Premièrement, les contrôles à l’exportation : le récent épisode Fable 5, lors duquel une décision américaine a soudain privé des utilisateurs du monde entier d’un modèle de pointe, a montré à quel point les décisions nationales unilatérales affectent désormais tout le monde. La question d’une concertation préalable entre gouvernements pour de telles mesures est sur la table. Deuxièmement, il faudra déterminer si le cadre volontaire américain consacré à l’évaluation des modèles de pointe peut être concilié avec le règlement européen sur l’IA et les autres règles nationales, afin que les entreprises soient soumises à un ensemble cohérent d’attentes plutôt qu’à des dizaines. Troisièmement, la nouvelle commission obtiendra-t-elle une véritable autorité ou restera-t-elle au stade des ambitions ?
Ce qui se joue derrière tout cela : jusqu’ici, la gouvernance de l’IA ressemblait à un patchwork, une loi européenne ici, un décret présidentiel américain là, des accords bilatéraux partout. Cela fonctionnait lorsque l’IA était un produit comme un autre. Mais les modèles de pointe sont devenus une infrastructure sur laquelle reposent des économies entières, et le mois dernier a démontré qu’un seul gouvernement pouvait en désactiver certaines parties. Les réunions de Genève constituent la première tentative sérieuse de bâtir un processus commun. Il faut néanmoins garder des attentes réalistes : les premiers dialogues onusiens de ce type aboutissent rarement à des règles contraignantes, et 169 pays ne se mettent pas rapidement d’accord.
Ce que cela signifie pour vous : Rien ne change dans vos applications cette semaine. Mais si vous développez des services reposant sur l’IA, ou si votre entreprise en dépend, le débat sur les contrôles à l’exportation est celui qu’il faut suivre : il déterminera la probabilité qu’un modèle dont vous dépendez disparaisse une nouvelle fois du jour au lendemain. Pour tous les autres, c’est le moment où l’IA a officiellement cessé d’être un sujet technologique pour devenir un sujet diplomatique. Nous résumerons les conclusions qui comptent réellement une fois la semaine terminée.
Sources
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