Du texte invisible dans un document Word peut détourner Copilot et contaminer les fichiers qu’il produit
Un chercheur a montré que des consignes cachées dans un document pouvaient pousser Microsoft 365 Copilot à modifier des chiffres puis à recopier ces consignes dans le nouveau fichier. Les mesures de Microsoft ne suffisent pas encore.
Le chercheur Hakon Maloy a dévoilé une technique qui transforme un document Word ordinaire en piège pour Microsoft 365 Copilot. Il suffit d’y dissimuler des consignes écrites en blanc sur fond blanc, puis de demander à Copilot de rédiger ou de modifier un texte à partir de ce fichier. L’assistant obéit alors aux instructions invisibles comme si vous les aviez saisies vous-même. Dans sa démonstration, il a réécrit des chiffres d’un rapport. Maloy a publié ses résultats le 28 juillet, 144 jours après avoir signalé le problème à Microsoft en mars.
La suite donne à l’expérience une autre dimension. Copilot génère le document final et y ajoute les mêmes consignes, toujours sous forme de texte blanc invisible. Le nouveau fichier devient à son tour un vecteur : quiconque le confie ensuite à Copilot déclenche le même comportement et crée un autre document porteur, d’où la comparaison avec un ver informatique. Microsoft a déployé des mesures d’atténuation, notamment en remplaçant les modèles sous-jacents par GPT-5.5, puis GPT-5.6. Des versions reformulées de la charge malveillante passent néanmoins toujours. Il s’agit d’une injection indirecte de prompt : le modèle ne distingue pas de façon fiable le texte qu’il doit lire de celui qui cherche à lui donner des ordres, puisque les deux lui apparaissent simplement comme du texte.
Ce qui se joue
Aucune solution nette ne se profile, et c’est le constat le plus honnête. Tout assistant qui lit des documents rédigés par des tiers est exposé par conception. La mise en forme disparaît souvent dès l’ingestion du fichier : texte blanc sur fond blanc, police d’un point ou contenu enfoui dans les métadonnées parviennent tous au modèle sous la forme d’instructions parfaitement lisibles. Les fournisseurs ajoutent des filtres et améliorent le comportement des modèles ; les attaquants reformulent leurs consignes, et le cycle recommence. Le conseil de Maloy reste le plus raisonnable : considérez tout document externe comme une entrée non fiable, de la même manière qu’une pièce jointe reçue par e-mail.
Ce que cela signifie pour vous : Si vous utilisez Copilot, Gemini dans Docs ou tout assistant qui résume des fichiers, prenez deux habitudes. Relisez le résultat avant de le transmettre, en vérifiant particulièrement les chiffres, et accordez plus de prudence aux documents venus de l’extérieur de votre organisation qu’à ceux produits par votre équipe. Pour examiner un fichier suspect, sélectionnez tout le texte et passez-le en noir, ou collez-le dans un éditeur de texte brut : les consignes cachées apparaîtront aussitôt. La plupart des utilisateurs n’ont pas besoin d’abandonner ces outils. Ils doivent simplement continuer à lire ce qu’ils produisent.
Sources
Sources: https://thehackernews.com/2026/07/microsoft-copilot-for-word-can-copy.html
Microsoft renonce à courir après la frontière et mise sur de petits modèles spécialisés
Pour Mustafa Suleyman, l’efficacité par jeton compte davantage que la puissance brute. Microsoft entraîne des modèles compacts pour des domaines précis et confie les cas difficiles à un orchestrateur.