Selon Anthropic, Claude a découvert deux faiblesses inédites dans des algorithmes cryptographiques
Claude Mythos Preview a divisé par deux la résistance effective des clés du système de signature post-quantique HAWK et amélioré une attaque connue contre une version réduite d’AES. Aucun système en production n’est touché, mais la tendance mérite l’attention.
Anthropic a publié mardi des travaux selon lesquels son modèle encore inédit Claude Mythos Preview a découvert deux faiblesses cryptographiques jusqu’alors inconnues. Ces algorithmes sont les recettes mathématiques qui protègent les données en ligne. La première faille concerne HAWK, un système de signature pensé pour résister aux ordinateurs quantiques. La seconde accélère une attaque étudiée de longue date contre une version simplifiée d’AES, le chiffrement qui protège l’essentiel du trafic Internet. Aucun système utilisé aujourd’hui n’est affecté.
Le résultat sur HAWK est le plus marquant. Ce système participe au processus de l’organisme américain de normalisation NIST, qui recherche des signatures capables de rester sûres à l’ère quantique. HAWK avait déjà traversé deux années et deux cycles d’examen par des spécialistes. En une soixantaine d’heures, Claude a trouvé un raccourci mathématique qui divise par deux la résistance effective de ses clés. Il faudrait donc doubler leur taille pour atteindre le niveau de sécurité annoncé, ce qui supprimerait l’essentiel de l’intérêt initial de HAWK. Anthropic a transmis l’attaque aux auteurs en juin, puis l’a rendue publique sur la liste de diffusion du NIST en même temps que son billet.
La deuxième découverte vise AES-128 limité à sept tours, contre dix en fonctionnement normal. Les chercheurs étudient régulièrement ces variantes affaiblies afin de comprendre comment une attaque pourrait un jour s’étendre au système complet. Claude a conçu une méthode baptisée « Möbius Bridge », qui accélère de 200 à 800 fois la meilleure attaque connue contre cette version. Anthropic évalue à environ 100 000 dollars l’usage d’API nécessaire pour chacun des deux résultats. Deux chercheurs ont ensuite passé près d’un mois à vérifier la seule affirmation concernant AES.
La cryptanalyse constitue une épreuve particulièrement exigeante pour un modèle, car elle ne permet pas de feindre la réussite : l’attaque retrouve la clé ou elle échoue. Le signal est donc plus net que la plupart des scores de benchmark. Le déroulement de l’expérience est tout aussi révélateur que les mathématiques. Claude a d’abord refusé la mission, jugeant AES trop bien étudié pour espérer faire mieux. Il n’a commencé à avancer qu’après qu’un chercheur lui a demandé d’explorer des idées réellement nouvelles. Le modèle a alors travaillé pendant trois jours et produit environ un milliard de jetons, avec seulement trois brèves relances humaines. Le goulet d’étranglement passe ainsi de la découverte des résultats à leur vérification.
Ce que cela signifie pour vous : Rien ne change aujourd’hui pour votre application bancaire, vos messages ou votre navigateur. Les deux attaques portent sur des systèmes soit non déployés, soit volontairement affaiblis pour la recherche. Le signal à long terme est plus important. Si des modèles repèrent des défauts dans des algorithmes examinés pendant des années par des experts, les nombreux chiffrements moins étudiés qui équipent du matériel bon marché, des installations industrielles ou d’anciens produits méritent une nouvelle analyse. Ils l’obtiendront probablement. Pour le grand public, c’est plutôt une bonne nouvelle : l’outil capable de trouver la faille permet aussi aux défenseurs de la découvrir avant les attaquants.
Sources
Sources: https://www.anthropic.com/research/discovering-cryptographic-weaknesses
Hugging Face publie la chronologie complète de l’intrusion menée par un agent d’IA
Environ 17 600 actions reconstituées sur quatre jours et demi, deux voies d’injection dans la chaîne de traitement des données et un agent qui semble avoir tenté de tricher à son propre examen.